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May 25 Période d'examensBonjour,
Entre deux fiches de droit des sûretés absolument passionnantes du moment, je décide d'écrire mon "journal". Il semble que je me sois finalement habituée à rédiger plus ou moins régulièrement un article sur le monde qui m'entoure. Arriverais-je à tenir bon une fois les élections législatives passées?
Les nouvelles du moment sont donc :
- je révise, je bachote, je buche, je me bourre le crane. Tous les ans, c'est pareil mais je ne parviens pas à m'y habituer. La seule véritable habitude que j'ai acquise en quatre ans d'études (acharnées), c'est celle de repousser les révisions à plus tard. Il y a un mois, certaines de mes amies commençaient déjà à préparer les examens. Moi, j'avais à peine commencé à ficher certaines de mes matières, mais c'était juste histoire de me rassurer, histoire de me faire croire que j'étais une étudiante sérieuse. Lorsqu'on me parlait d'examens, je rigolais... J'avais encore le temps pour rigoler. A quelques jours des "gros" partiels (procédures collectives, sûretés, droit pénal des affaires, droit comparé), je ne peux plus vraiment repousser cette échéance joyeuse. La question consiste à savoir comment je vais réussir à enregistrer toutes ces informations -certaines intéressantes, d'autres pas . En me couchant à 00h30 après une joyeuse soirée de fichage, avec en bruit sonore la TV à laquelle je n'ai plus droit jusqu'au 13 juin (date de mon dernier examen) a plein tube en bas (ma mère et Margaux, elles, y ont droit et ne se privent pas de me le faire savoir!), je m'inquiète toujours : "est-ce que je ne peux vraiment pas continuer un peu? Continuer le chapitre?". A 00h30, mes yeux se ferment d'eux-mêmes et la réponse semble donc évidente... Ah si seulement j'avais la science infuse!
- j'ai retrouvé le fascicule contenant les nouvelles dispositions en matière de procédures collectives (loi du 26 juillet 2005) dans mes affaires, un peu par miracle. Désespérée, j'en étais même venue à téléphoner à certaines de mes amies également juristes en herbe pour leur demander si elles pouvaient me prêter le leur. Aucune d'entre elles n'avaient entendu parlé de cette annexe au Code de commerce 2006 donc pas de chance. Les amies du Master 1, bien que pleines de bonne volonté ne pouvaient me sortir du pétrin vu qu'elles en avaient également besoin. Catastrophe vu que pour le partiel, il me faut absolument ce putain de code (oups!) et que foutre en l'air 42 euros (incroyable qu'un code coûte si cher alors que le papier est de mauvaise qualité, la reliure ne tient pas bien et que ... "nul n'est censé ignorer la loi") à quelques mois de mon départ pour Albany. Car je crains fort que mon Code de commerce tout neuf ne me soit pas très utile aux USA (à part pour leur montrer l'intérêt d'un code législatif!!) et qu'il soit démodé/périmé/dépassé/pas à jour (pour peu que Sarko nous mette une nouvelle réforme) à mon retour en France. Par chance, je l'ai finalement retrouvé au milieu de mon foutoir.
- je n'arrive plus à dormir comme il le faudrait. Je me couche tard pour finir mon chapitre. Quand je me couche enfin, je suis KO mais impossible de fermer l'oeuil. Il est généralement 01h20 quand je m'endors. Le réveil sonne tous les matins à 07h00 et j'ai un mal fou à sortir de la chaleur et la douceur de mes draps. Je vais profiter de ce week-end pour bosser certes, mais pour dormir aussi.
- après un "creux" au cabinet d'avocats, mon activité de stagiaire bel et bien repris. Mon avocat préféré est rentré de Guadeloupe et pense à moi à chaque fois qu'il faut rédiger des procès-verbaux d'assemblées générales d'associés ou d'actionnaires. Chic! Au bout de mon Xième PV, je commence à me lasser un peu et j'ai quelques doutes. Juriste en droit des affaires, ça me semblait super intéressant jusqu'à maintenant mais je suis pas si sûre de vouloir continuer là dedans. D'autant que j'ai de véritables lacunes en comptabilité et en droit fiscal, ce qui me gène un peu étant donné que "droit des sociétés" ryme désormais avec "avantage fiscal????". On m'a fait deux propositions de stage que j'ai du refuser (sniff), dont une pour la rédactions de contrats anglais et américains.
- le 15 juin aura lieu la "prom" organisée par l'association de mon diplôme. Je suis super excitée à la l'idée de "vivre" ce genre de stupidité mais la perspective de trouver LA robe dans laquelle je me sente à l'aise et féminine me contrarie. Je n'ai pas le temps de faire du shopping exprès, pas de robe qui corresponde au "dress code" imposé, par la morphologie d'une top modèle sur qui même un sac poubelle est admirable...
- outre la fête susmentionnée, je compte beaucoup BEAUCOUP sortir après mes partiels. J'ai besoin de rattrapper le temps perdu. J'ai un grand besoin de sorties agitées et de "Paris by night". Avis aux amateurs/amatrices. D'autant qu'avant mon départ en contrée lointaine, il va falloir que je me promène et que je photographie (pas trop mais quand même un peu) tout ce qui me fait aimer Paris, tout ce qui risque de beaucoup me manquer. Ca me fait un peu peur, je ne voudrais pas devenir nostalgique alors que je vais vivre mon "American dream" à moi.
- vivre en toute indépendance, enfin. Grand besoin de complète indépendance. Mes parents, en particulier ma mère, ne sont pas du genre super protecteurs. Tant que je leur dit que je sorts et que je rentrerai, je fais ce que je veux. Mais j'ai envie de pouvoir faire mes petites courses, de trouver mon rythme à moi, de n'avoir absolument aucun compte à rendre, de faire le ménage quand bon me semble, de rire et de m'engueuler avec mes colloc. A part mon contrat de bail et la confirmation email de mon acceptation à la Albany Law School, je ne sais pas encore ce que je vais faire là-bas. Il parait que j'y vais pour étudier...
- politique, un de mes sujets préférés : les législatives arrivent à grand pas. Dans ma circonscription (Fontenay-Vincennes-Saint Mandé), le candidat socialiste ne passera jamais. Le député sortant, Patrick Beaudoin, par ailleurs maire de Saint Mandé, est UMP et les électeurs de Vincennes et de Saint Mandé sont notoirement connus pour adhérer aux idées de droite. Les élécteurs de Fontenay ne feront pas et n'ont jamais fait le poids. En lisant le prospectus du candidat PS, j'ai tout de même appris que mon député sortant avait voté les projets de lois pour le rétablissement de la peine de mort pour les terroristes et pour l'apprentissage à l'école des "effets bénéfiques" de la colonisation française. C'est une honte! Pour le reste, Sarko nous apparaît tellement bronzé que ça en est moche, il nomme tous ses copains aux postes clefs de la vie sociale, la presse est muselée, le Président est un people comme un autre (mais un véritable politicien je ne sais pas) et je m'en tiendrais là pour ce soir... May 17 My Dear CountryCette chanson résume très bien mon état d'esprit depuis l'élection de Nicolas Sarkozy et sa récente (et si people) entrée à l'Elysée. C'était également mon état d'esprit lorsque cet idiot de George Bush a été réélu en 2004 (et cette fois ci, il était malheureusement bel et bien élu). Pour ceux qui lisent l'anglais et/ou apprécient la voix suave de Norah Jones :
Twas Halloween and the ghosts were out,
And everywhere they´d go, they shout, And though I covered my eyes I knew, They´d go away. But fear´s the only thing I saw, And three days later ´twas clear to all, That nothing is as scary as election day. But the day after is darker, And darker and darker it goes, Who knows, maybe the plans will change, Who knows, maybe he´s not deranged. The news men know what they know, but they, Know even less than what they say, And I don´t know who I can trust, For they come what may. ´cause we believed in our candidate, But even more it´s the one we hate, I needed someone I could shake, On election day. But the day after is darker, And deeper and deeper we go, Who knows, maybe it´s all a dream, Who knows if I´ll wake up and scream. I love the things that you´ve given me, I cherish you my dear country, But sometimes I don´t understand, The way we play. I love the things that you´ve given me, And most of all that I am free, To have a song that I can sing, On election day. Norah Jones-Not Too Late May 13 PS au billet précédentA titre de Post Scriptum au message "théatre expérimental" :
Je tiens à le dire, mon père s'est rattappé par la suite en nous invitant au restaurant thaï. C'était délicieux, sauf que Margaux et moi aurions du éviter le dessert (lol). Thanks Dad!
Par la suite, j'ai retrouvé Vannina à Chatelet. De là, nous nous sommes intallées dans un bar dans lequel j'étais allée il y a très longtemps et dont je gardais un bon souvenir, un endroit assez "branchouille" mais sympa. En plus j'adore leur cocktail vodka+cerises amarena!! Confidences et gosip sur l'époque du lycée étaient de circonstence. J'ai passé une très agréable soirée. S'il n'y avait pas eu l'éternel problème du dernier RER, nous serions allées danser pas trop loin.
Théatre expérimentalJ'étais invitée hier par mon père et Brigitte pour une pièce "originale". Autant dire que si j'avais su que ce serait si "original", je n'y serai pas allée. Il s'agissait d'une réadaptation de la Tempête de Shakespeare.
Avant de nous faire rentrer, l'ouvreuse nous fait savoir qu'il s'agit surtout d'une "libre interprétation" de la Tempête de Shakespeare. Le terme, un peu trop "artsy" à mon goût, me faisait déjà très peur. On entre dans la salle et là, je vois la scène et je me demande : "Mais que fais-je ici? Ne vaudrait-il pas mieux faire demi tour avant que cela ne commence?". Car la scène était recouverte d'une bâche en plastique, du genre de celles que l'on trouve sur les chantiers de peinture, au travers de laquelle on voyait tout un attirail informatique de sono et lumière : la régie avait été installée sur scène!!! Je flippais grave... et les acteurs n'étaient pas encore montés sur scène!
10 minutes d'une musique interminable mélée aux bruits du vent et de la mer... Car notre vaillant metteur en scène souhaitait nous emmener en mer. En même temps, nous nous en doutions un peu puisque je le rappelle, il s'agissait de la Tempête de Shakespeare. Petit rappel au spectateur : au bout de 10 minutes de musique et de bruitages, les images d'un bateau à voile apparaissent et voilà que nous voyons des marins lutter contre la fougue des vents et la dangerosité d'une mer agitée ... mais toujours pas d'accteurs.
Entrent deux hommes et je me dis : "Ah, ça y est, on va enfin pouvoir regarder quelque chose". C'était sans compter qu'ils sortiraient un long tissu troué, l'étireraient et le passeraient au dessus des spectacteurs à coup d'imitation de vagues. "Au secours, où suis-je?".
Je rassure mes lecteurs, s'ils ont besoin d'être rassurés : les acteurs (2 en tout) ont fini par venir et ont même daigné nous parler. Mais l'un d'entre eux s'avérait être notre metteur en scène - maître des régies sons et lumières. Résultat : entre deux "Ne tinquiètes pas Miranda"- ou plutôt "Ne-t'inquiètes-pas-Miiiiranda! ", il lui fallait lancer une nouvelles musique languissante, allumer une nouvelle lumière, régler le son stridant, et surtout JOUER SON ROLE!!! Je n'ai pu comprendre qu'une chose de l'ensemble de la pièce : cet homme est polyvalent, ou tout du moins tente de l'être.
La Tempête, une des pièces les plus complèxes écrites par Shakespeare, a ainsi été réduite à quelques sons, quelques effets de luimères, deux acteurs exécrables, un metteur en scène excentrique, un méchant Prospéro qui hurle "Vengeance" (mais vengeance de quoi, point nous ne saurons), un gentil-méchant Caliméro qui danse très mal, une Miranda transie par la peur et légèrement débile. L'intrigue est tout bêtement tombée à l'eau.
Il y a un moment de cela, j'avais déjà été voir la Tempête au Théatre Sylvia Monfort. La mise en scène avait été ratée - bien que rétrospectivement, je dois dire qu'elle était admirable par rapport à celle d'hier. A l'époque déjà, on cherchait à nous montrer la modernité de la pièce et tout avait été transposé dans notre époque.
Quelle tristesse d'en arriver là. A force de vouloir placer la mise en scène ou l'acteur au centre de la performance, on en oublie l'histoire. A force de prouesses, le texte est réduit, ridiculisé, gaché. A force de modernisme, Shakespeare doit se retourner dans sa tombe. Le plus malheureux dans tout cela, c'est que l'on ne peut rien dire. Les termes utilisés ne manquent pas : "alternatif", "artistique", "expérimental", "original", "conceptuel", "moderne". Moi j'appelle surtout cela de la MERDE. Mais si j'ai le malheur de faire connaître mon avis, je serai immédiatement traitée de "psycho rigide", "fermée d'esprit", "ignare", "complètement pas 'in' ". Alors soit! Mon avis vaut ce qu'il vaut, mais vu la beauté des textes, c'est eux qu'il faut mettre en valeur en minimisant les effets de mise en scène pour permettre aux acteurs (à condition qu'ils soient bons) de sortir tout leur jeu. Les textes et Shakespeare traversent les époques.
Tout cela contribue au mépris que nous pouvons avoir pour les artistes, qui nous semblent alors vivre sur une autre planète, et qui nous méprisent à coup de "tu ne comprends donc pas que c'est ma-gni-fi-que????". Pour ma part, j'ai été tellement déçue par la scène "nouvelle", et manifestement je continue de l'être, que j'ai tendance à me réfugier dans des théatres dont je sais qu'ils respecteront le cadre d'époque. Je me souviens du Bourgeois Gentilhomme de Molière que j'avais été voir avec ma classe (j'étais en 5°!!) au Théatre Saint Antoine. Les acteurs étaient en costume d'époque (perruques, bas de soie, pourpoint et haut de chausses) mais l'histoire qui m'était racontée aurait pu avoir eu lieu à notre époque. Autant j'adore la danse moderne et je suis prête à payer assez cher pour aller voir un bon spectacle, autant je suis de plus en plus déçue par la scène thétrale. Même lorsqu'il s'agit de nouvelles pièces, qui n'ont pas encore été mises en scène, il ressort un tel goût prononcé pour tout ce qui est torturé, triste, ennuyeux et "alternatif" que j'en suis dégoûtée. Bien que cela se fasse moins souvent qu'au théatre, l'opéra souffre également de ce phénomène.
Je ne suis pas en train de dire qu'il faille reprendre de vieilles mises en scènes sans rien y changer mais par pitié, cessez de bousiller les textes!! Respectez leurs auteurs.
A bien y réfléchir, vu le prix d'une place de théatre, je ne suis pas étonnée que le théatre et les théatres aient la vie dure. Pour 6 à 10 euros aujourd'hui, on peut aller voir un bon film, s'amuser et sortir diverti(e) et content(e). May 07 Un nouveau PrésidentHier matin, 11 heures, réveil tardif pour la lève tard que je suis et qui de surcroît venait de passer une soirée d'enfer la veille (merci Marie-Anne + le groupe de mecs qui nous ont ramenées!!). Hier matin, 11 heures 15 minutes et 30 secondes (il m'a fallu tout ce temps pour vraiment émerger) : Maman me rappelle qu'on est le 6 mai et qu'aujourd'hui, c'est jour de grâce, il faut voter. Comment ais-je pu oublier? Inconsciemment, au très profond de mon fort intérieur, je devais déjà savoir le résultat et je devais déjà être en train de refouler tout ça... Quelques secondes pour cogiter là dessus et Maman m'annonce la nouvelle : elle est déprimée (mais j'ai pas trop compris pourquoi) et en plus Ségo va perdre, c'est certain. Petite altercation du genre : "Maman, je veux pas que tu parles de malheur, il faut y croire etc".
Hier après-midi, 14 heures. Le bureau de vote 031 à l'école primaire Victor Duruy de Fontenay-sous-bois est vide. Direction l'isoloir : le choix est fait, tout mon entourage le connaît. Mon ancien voisin le fou furieux est fidèle à son poste de scrutateur, toujours là pour écorcher mon nom (mais vu que y'avait personne cette fois-ci, je m'en tapais). Un inconnu lui donne mon numéro d'électrice et le voilà qui chante "Madame Jessica Gyna Dillon" (1) je suis pas mariée et j'en ai pas l'intention donc c'est Mademoiselle 2) Dillon avec le bel accent bien français, comme si t'étais pas au courant que ça se disait "dilone" 3) et la mairie qui s'est encore plantée sur mon middle name... c'est la débandade complète). Plop, l'enveloppe bleue tombe dans l'urne plastique et rejoint ses nombreuses consoeurs. "A voté". Je signe de ma plus belle écriture. Ca y est, j'ai accompli mon devoir de citoyenne. J'adore ce décorum et tout le symbolisme de la procédure : vérification de la carte d'électrice/tous les bulletins de vote et une enveloppe bleue/l'isoloir/la carte, son numéro, le nom/le plop de l'enveloppe qui tombe/le "a voté"/le "au revoir, bonne journée". Mais je redescends vite sur Terre : à peine sorties, Maman me dit que de toute façon c'est Sarko qui passera, qu'il faut s'y résoudre. Si seulement j'avais pu être Sarkozyiste... C'est pourtant pas faute d'avoir essayé de me convaincre.
Hier soir, 18 heures 10 et le téléphone sonne. Je hurle à Maman avant qu'elle ne réponde : "je te parie que c'est Olivier [le copain de Maman] avec les résultats". Ce sera ma seule victoire de la journée car c'est effectivement lui. Son copain qui travaille à la rédaction du Monde connaît les résultats et l'a appelé pour partager généreusement la nouvelle, que Olivier se doit de nous faire connaître. Sarko gagne haut la main et tous nos espoirs s'écroulent. On n'aura que très mollement cru à la Ségosphère mais on y aura cru quand même.
Hier soir, 19 heures. Marie-Anne sonne à la maison et à mon visage, elle devine que je sais déjà. "Sarko?". Hochement de tête. Et ensemble : "Merde". Au moins, l'avantage dans tout ça, c'est qu'on ne parlera que de ça, donc pas de tous nos autres problèmes existentiels (les miens, en tous cas, sont d'une importance vitale, faut pas croire!!).
Sarko gagne et même si la perspective des cinq prochaines années ne me réjouit pas franchement, il a véritablement gagné. 53%, ça c'est une victoire claire et sans compromis. Sarko bénéficie donc de toute la légitimité du peuple français pour "changer" la France.
J'ai ralé toute la soirée devant la TV. Maman, Margaux, Marie-Anne et le paquet de chips au paprika essayaient vaguement de me calmer. Abrutie, j'ai vu Johnny, Steevy, Enrico Matias, Mireille Mathieu, Faudel et toute cette belle France applaudir cette franche victoire et faire la fête. J'ai vu Ségo sourire et encourager ses militants, sans très bien comprendre pourquoi mais en étant tellement impressionnée... Elle s'est battue jusqu'au bout, elle a su déjouer tous les pièges qui lui étaient tendus, au sein de son propre parti comme à l'extérieur, elle s'est améliorée sur le plan oral et, à titre personnel, elle m'a impressionnée lors des débats avec Bayrou et Sarko. Si seulement je pouvais encaisser les mauvais coups comme ça! J'ai chanté la Marseillaise, histoire de ne pas laisser nos braves Sarkozyistes penser que cet hymne leur appartient, qu'ils savent le chanter mieux que d'autres, qu'ils représentent mieux la France que nous autres pauvres gauchistes éparpillés et tellement déçus. "Allons enfants de la Patrie, le jour de gloire est arrivé ..."
Je ne suis pas très bonne perdante en effet, mais je dois concéder à M. Sarkozy et à ses partisans : VOUS AVEZ GAGNE et BRAVO. Le discours de la Salle Gaveau prononcé par Nicolas Sarkozy hier était un beau discours rassemblateur et un message fort en direction de l'étranger. Je vous le concède. Il vous incombe à présent de relever la France et pour cela la gauche comme les partisans de l'UMP vous attendent au tournant. A bien y réfléchir, vous allez traiter les questions auxquelles votre propre gouvernement, de 2002 à aujourd'hui, n'a pas osé toucher ou a lamentablement échoué: retraites, déficit, impôts, emploi, Sécurité Sociale, banlieues, justice, immigration et morale démocratique (selon vos propres termes). Des réformes nécessaires que Ségo souhaitait appréhender d'une autre manière. Bon courage, faites de votre mieux mais faîtes... Faîtes vite, puisqu'apparemment les français ont besoin de rapidité dans l'élaboration de textes de lois qui revêtent pourtant une telle importance pour notre avenir qu'ils mériteraient un examen approfondi. Faîtes et en mauvaise-bonne perdante que je suis, faîtes tout cela en vous rendant le plus impopulaire possible... Ainsi, la gauche une fois reconstruite pourra passer après vous à l'Elysée et rattrapper vos dérapages en matière sociale.
A nous de reconstruire une gauche puissante à partir de celle qui s'est disloquée, tiraillée et gachée... Reste tout de même les législatives pour rafler le maximum de sièges dans l'Hémicycle et constituer une véritable opposition, un bloc, un "check and balance".
"Aux armes citoyens, Formez vos bataillons, Marchons, Marchons, Qu'un sang impur Abreuve nos sillons!"
Petit lot de consolation trouvé dans les feuillets de l'édition spéciale Elections du Monde d'aujourd'hui : à Fontenay-sous-bois, Ségolène Royal l'emportait à 56%.
Même avec Sarkozy, j'aime ce pays qui a encore fait preuve d'une ferveur démocratique. Oui! Si le choix politique ne me satisfait pas, je suis fière d'être française. Vive la France et Vive la République!
![]() April 29 Entre deux toursMême si tout le monde s'y attendait, je pense pouvoir dire que c'est un grand soulagement de voir Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy arriver au deuxième tour de ces élections présidentielles. Retour à une vraie démocratie, et si nous sommes revenus à la logique des "deux blocs", je pense que c'est pour le mieux. Nous avons deux programmes et les français n'ont plus qu'à choisir ce lui qui leur convient le mieux.
Mes peurs de revoir Le Pen passer au second tour se sont évanouies à la minute ou j'ai entendu qu'à 12h, plus de 30% des électeurs s'étaient déjà déplacés. Ce qui avait bénéficié à Le Pen en 2002, c'était l'abstention et la décevante campagne de l'époque. 2002 aura au moins servi de leçon pour ceux qui croyaient que la politique pouvait très bien se faire sans eux. Avec 85% des électeurs s'étant déplacés pour aller voter, je crois qu'il est légitime de dire que notre démocratie s'est remise en marche. La presse étrangère salue elle aussi ce regain d'entousiasme pour une élection capitale.
Saluons aussi l'étonnante campagne, à nombreux rebondissements, grace à laquelle les candidats, de tous bords, ont du donner leur avis sur différentes questions épineuses. Les français sont exigents vis-à-vis de leurs politiciens et désormais la classe politique l'a compris. Je désapprouve néanmoins Nicolas Sarkozy, qui lors du débat organisé par France 2 dans l'émission "A vous de juger" d'Arlette Chabot s'attribue une bonne part de ce succès, affirmant que si 85% des franaçsi sont allés voter c'est grosso modo grace lui. Non, M. Sarkozy, si 85% des français sont allés voter le 22 avril dernier, c'est parce qu'ils se sont sentis concernés par cette campagne, et vous ne pouvez vous gratifier que des 30% qui ont déposé votre nom dans l'urne.
Nouvelle initiative à noter également. Notre "troisième homme" a obtenu suffisamment de suffrages exprimés pour pouvoir compter dans le deuxième tour. M. Bayrou n'en abusez pas, vous avez tout de même été éliminés de cete course. Vous avez le mérite d'avoir forcé le débat mais cela s'arrêtte là. La tentative d'un parti du centre s'avère un échec les français ayant clairement préféré un vrai "duel" gauche/droite quoi que vous en pensiez, et quoi que M. Sarkozy et Mme Royal veulent bien en dire à présent qu'ils ont besoin de vos voix pour accéder au "Château". Hier avait lieu sur les ondes de BFM TV et RMC le débat Royal/Bayrou. Le débat a été enregistré et peut être écouté et réécouté sur internet - avis aux amateurs - et a permis aux deux présidentiables d'exprimer les points de désaccord autant que leurs convergences. Si j'étais pour ma part assez sceptique quant à cette intiative, il faut dire que la façon par laquelle elle a été réalisée m'a beaucoup plu. Mme Royal ne pourra véritablement en tirer profit lors du procain débat qui l'opposera, et le terme est volontairement choisi (car Sarkozy n'accordera rien à Royal et vice-versa), mais c'est une bonne image qu'elle donne.
Grosse surprise. La presse anglo-saxone qui jusqu'à présent critiquait ardemment Mme Royal pour son manque de pragmatisme est son utopisme et qui acclamait le projet libéral M.Sarkozy se met à accuser ce dernier de dangereux!!! Voir Courrier International de cette semaine + NYTimes. Les anglo-saxons commenceraient-ils à comprendre l'intérêt d'une démocratie sociale?
Pour ma part, je voterai Ségolène Royal. Les critiques quant à son "inexpérience" n'ont à mes yeux aucune valeur. Cette femme se fera une expérience, le poste l'exigera d'elle, et elle n'est pas non plus incompétente. J'espère qu'elle saura se démarquer de certains de ces confrères et consoeurs du PS, qui sont à mon goût trop attachés à l'idée d'un Etat-Providence, bon à tout faire, surtout quand il faut payer et donner. L'avenir est dans la "sociale-démocratie" (entrée dans l'économie de marché mondialisée et compétitive et atténuation des effets pervers de la mondialisation sur le plan interne), selon la formule de DSK et avec son récent intérêt pour le parti centriste j'espère qu'elle saura s'y référer. Moi qui ai été un "presque convaincue" du projet de Ségo, j'avoue de je voterai pour elle en étant toujours "presque convaincue" (mais pas encore totalement) et pour éviter Sarko.
April 13 Programmes?Bonjour à tous/toutes,
Comme promis, j'ai lu les différents programmes des trois principaux candidats (le 4ème, je ne lui donnerais pas la satisfaction ni de le nommer ni de perdre mon temps à lire ou à essayer de lire son torchon). A une semaine du premier tour, je me sentais tenue de m'informer, tenue de lire ces programmes (bien que j'ai d'autres lectures tout aussi (peu) passionnantes). Maintenant que je suis une citoyenne modèle et que j'ai lu les programmes, j'avoue ne plus trop savoir plus qui voter... LOL. Moi qui en était certaine encore hier. Les programmes sont un peu décevants, par manque de réalisme et par amour de la grandeur et de la grandiloquence.
D'où il suit les remarques suivantes (excusez le formalisme mais je suis sortie du cabinet d'avocat à 20h hier, exprès pour terminer de relire les conclusions de mon "chef", à la suite de quoi j'ai du expliquer pourquoi je n'étais pas d'accord avec sa conception de la définition juridique du licenciement sans cause réelle et sérieuse... voilà pour la petite anecdote, maintenant passons aux choses sérieuses) :
I. Un Parlement plus fort pour une démocratie plus forte?????
Sarkozy, Bayrou et Royal - je suis heureuse de vous l'apprendre - ont au moins un point commun : ils veulent changer la Constitution. Les deux derniers veulent même en finir avec cette antiquité (1958 tout de même) et ouvrir la voie à une VIème République. Tous veulent donner plus de pouvoir au Parlement, ce qui en réalité veut dire donner plus de pouvoir aux députés à l'Assemblée Nationale (les séanteurs eux, on les laisse vu que ce sont tous de vieux croutons et qu'ls sont là pour avoir une retraite dorée).
Logique du raisonnement : si les français élisent les députés au suffrage direct et si les députés bénéficient de pouvoirs plus étendus alors la France sera plus démocratique.
Bayrou et Ségo proposent d'introduire la proportionnelle (de mon avis de constitutionnaliste : à éviter) et d'interdire le cumul des mandats (de mon avis de citoyenne : ça aurait du être le cas depuis des lustres). Autre proposition phare : abolir l'article 49-3 de la Constitution (ce qui interdirait au gouvernement de faire passer en force un projet de loi qui a trop attendu). Sarko propose lui de renforcer l'opposition (car il ne veut "pas gouverner seul"(c'est ce qu'il a sans doute pensé avant de dire à Azzouz Beggag qu'il allait lui "casser la gueule" pour avoir rejoint le camp UDF) mais drôle de tactique quand même). Il veut également astreindre le Président de la République à rendre des comptes de manière régulière au Parlement.
En première année de droit à Nanterre, j'avais pour professeur de droit constitutionnel l'éminent Guy Carcassonne. Avec lui, nous avons appris pourquoi la Vème République avait été batie ainsi. Il me semble qu'en renforçant les pouvoirs du Parlement et au vu de l'histoire qui nous précède, nous ne parviendrons pas à l'objectif de plus de démocratie en remettant à plat le principe que le Parlement débat et le gouvernement+ Président (élu au suffrage universel depuis 1962). Car si en théorie cela parait possible, à l'image du Parlement américain (bien qu'avec l'adminsitration Bush, le Parlement ait largement été réduit à son rôle d'approbateur), la lutte pour le pouvoir en France est si intense entre le governement et les parlementaires qu'à donner trop de pouvoir à ces derniers, le premier serait réduit à ne rien pouvoir faire. Quant à l'idée de Sarko d'un Président responsable devant le Parlement, elle frise en ridicule : pourquoi le Président, qui aurait été élu par les français dans leur ensemble, devrait-il rendre des comptes à des députés? Non, s'il doit s'afficher en ardent défensseur des valeurs de notre pays et doit rendre des comptes, c'est à ces électeurs! Se sont d'ailleurs les seuls capables d'agir à son encontre en cas de défaillance de sa part : les députés ne pourront rien sanctionner et seront cantonnés à écouter un monologue dans lequel le Président exposerait ce qu'il pense avoir fait pour la Nation, tandis que nous électeurs pourrons décider de ne pas le réelire (s'il se représente... dans le cas contraire, il admettrait lui-même avoir été nul).
Sarko et Bayrou veluent soumettre la nomition de certaines personnes à certains postes de l'Etat à l'approbation du Parlement. M. Sarkozy, nous savons que vous aimez les Etats-Unis et que vous rêvez d'instaurer en France leurs mécanismes. D'une, il aurait fallu que vous naissiez américain, mais pas de chance, comme le rappelle si aimablement M. Le Pen vous êtes "un enfant de l'immigration", vos parents ont immigré vers une contrée qui fat tout pour ne pas ressembler à ce modèle. Etant moi-même américaine, je suis à l'aise sur le sujet. A voir comment se déroulent les nomintations des juges suprêmes aux USA, je ne suis pas si sûre de vouloir de ce système. C'est la vie de ces personnes que vous étalerez devant les députés, en leur demandant de juger du moindre écart de jeunesse, de justifier de la moindre opinion émise.
Enfin, pour clore un chapitre purement juridique, il s'avère que la pratique constitutionnelle qui s'est développée depuis 1958, surtout en 1974 a permis, sinon de transformer, d'adapter les outils que met à disposition la Constitution. Ce sont nos politiques qui doivent changer, pas la Constitution.
II. Des solutions diverses pour un probème global : le pouvoir d'achat, le chômage, la croissance.
Cf : message précédent
Rien de très novateur : à droite, on propose plus de travail, moins de charges/ à gauche, plus d'aides aux entreprises en contrepartie de quoi elles doivent s'engager. Sur ce point Bayrou reprend certaines propositions de l gauche et de la droite, réecrit le tout à sa sauce, ce qui donne un ensemble très hétérogène sans grande cohérence.
Les candidats Ségo et Bayrou semblent s'attacher au robèm de l'école et quand on pense, pourquoi pas : si meilleure formation, meilleure main d'oeuvre, donc meilleurs produits donc plus de contrats avec les entrerpises atirées en France, donc moins de chomage et plus de croissance, donc plus de pouvoir d'achat, donc plus de marge pour les entreprises, donc plus d'investissements en recherche, donc meilleurs produits ... Ah, si tout était si parfait!
III. L'embêtante dette publique
Pas tout bien compris. Je relis et j'en reparle.
IV. L'Europe du libre échange ou l'Europe sociale?
Grave question qui divise les français. Sarko et Ségo n'en parlent pas. Seul Bayrou s'y colle. Et proposition surprenante: un nouveau projet de Consitution européenne... également soumise au référendum des français!! Bravo, tu n'as pas su tirer les enseignements des conneries de Chirac (alors que paradonxalement, Sarko les a très bien comprises).
Bayrou, Sarko, Ségo : si vous tenez à changer l'Europe, sachez que les français ne peuvent imposer le changement aux 26 autres Etats-membres. Déplacez vous à Bruxelles, faites bouger les choses mais n'oubliez pas que nous ne sommes pas les suels embarqués et qu'il faudra un consensus.
En revanche, à la tête de l'Etat nous attendrons de vous que vous nous expliquiez les avancées de l'UE et que vous fassiez tout pour rendre l'UE plus proche de ces citoyens.
V. Les (presque) oubliés.
- la sécurité : pourtant le grand dad de Sarko (5 ans au Ministère de l'Intérieur) et raison de la débacle de 2002... Est-ce les français qui ont muri ou les politiciens qui ont compris qu'il ne fallait pas surenchérir?
- l'environnement : le grand loupé de la campagne, le grand loupé de Nicolas Hulot. Certes, les candidats se sont engagés sur le Pacte et certes Bayrou et Ségo y consacrent une page de leur programmes respectifs, mais tout cela a un goût d'inachevé.
- le logement : autre grnd loupé, mais des Enfants de Don Quichotte cette fois-ci... Ségo reste seule à développer la problématique et elle propose le service public de la caution, le plafonnement du loyer à 25% des revenus des foyers modestes, la mise à disposition du parc locatif privé et public, la construction de nouveaux logements sociaux.
VI. Les inutiles qu'on n'a pas oublié
- la fierté d'être français
- le rétablissement de l'autorité, du respect et du mérite (résolution n° 9 du programme de Sarkozy)
- les expériences de chacun
Infos complémentaires :
http://www.lemonde.fr/web/sequence/0,2-823448,1-0,0.html (très bien fait)
Nicolas Sarkozy au début de son meeting à Toulouse, jeudi 12 avril. April 09 RéflexionsBonjour à tous/toutes,
Peut-être est-ce l'effet vacances mais revoici sur mon blog, alors qu'hier je vous racontais mon incompétence en matière de blog... Encore une de mes incohérences, mais passons...
Samedi à Vincennes, je recueillais avec Maïlys les prospectus des différents candidats à l'élection présidentielle... Moi je les prenais tous, même si je sais déjà pour qui je vais voter. Maïlys : "Mais pourquoi est-ce que tu prends le programme de ce @@***àùùù%%ù***@@ de Sarko?" (Maïlys corrige-moi si je n'ai pas retranscrit parfaitement ta pensée et les mots que tu avais choisi pour désigner cet énergumène). Réponse : "Ca m'intéresse, je veux savoir exactement ce qu'il prône, de manière à prendre les bonnes idées, s'il y en a, et à pouvoir mieux le critiquer lors de débats houleux avec certains de mes camarades en amphi de droit (très largement acquis à la cause sarkoziste mais encore incapables de dire pourquoi)". Il n'y avait pas le programme de Le Pen, mais je ne l'aurais pas pris, faut pas non plus pousser le vice trop loin. Le Pen je le déteste, pour des raisons qui ne tiennent pas seulement à son discours politque, que je trouve outrageux.
Me voici en pleine lecture des programmes de Bayrou, Sarko et Ségo. A première vue, mais à première vue uniquement (cad sans avoir encore lu le contenu), Maïlys et moi étions d'accord sur une chose : tous les trois ont fait d'énormes efforts de présentation et de mise en valeur des borchures. Les couleurs vives sont au rdv, la simplification également (paragraphes courts, développement suscint des idées, témoignages), photos rassurantes (Bayrou au regard profond nous regarde droit dans les yeux, Ségo est prise sur le vif, en train de communiquer avec les différents électeurs, Sarko arbore un sourire dentifrice qui appraît à chaque coin de page)... Je ne peux m'empêcher de penser qu'avec le cru 2007, les politiciens ont fini par comprendre que les français voulaient du concret, du "vrai", du "France d'en bas". Auraient-ils alors fait le choix de l'explication de leur programme, quitte trop le simplifier, quitte à infantiliser le peuple français? Ou bien est-ce le peuple français qui fait sa réac aux dicours intello? Pourvu que ce soit la première hypothèse! Car pour ma part, je ne veux pas d'un peuple réac qui refuse toute idée de progression via des idées, une conception intellectuelle peut-être pas si facile à comprendre pour certains mais qui trouve ensuite des applications concrètes. La France se doit de perpétuer sa diversité culturelle et cela ne se fait pas en rejettant systématiquement l'intelligenstia. Mais si l'intelligenstia, dont fait partie la classe politique, doit continuer d'exister, elle a le devoir d'expliquer ses trouvailles afin de ne pas se couper du reste de la population, de ne pas créer une élite qui regarderait de haut les "restes du monde" (selon une formule désormais célèbre). Mais garde à l'infantilisation. Non la politique n'est pas incompréhensible et ne doit pas l'être, et non ce n'est aux politiciens d'expliquer leur politique comme on explique la règle de 3 à gamin de CM1.
Il semble également que les français réclament plus de mesures objectives et concrètes. Mais il me semble qu'à faire dans le trop concrèt, on tombe dans un particularisme bien génant. Les candidats vont à droite, à gauche, promettent tel avantage à telle personne rencontrée en chemin, et telle autre personne cherchera à obtenir tel autre avantage du même candidat ou d'un autre. Les voix sont désormais obtenues ainsi. C'est la politique du "moi, moi, moi, moi et ... mes amis". Or ce nombrilisme conduit à oublier l'intérêt général, conduit à oublier la question qui suit : "quelle mesure fera le plus grand bien au plus grand nombre de concitoyens?". Car les problèmes que nous rencontrons ici en France sont des problèmes globaux : ils dépendent de multiples facteurs qu'il faut envisager de manière globale. En retouchant seulement un aspect, on ne résoud rien.
Comme il paraît que je parle comme une véritable intello (et que les intello sont détestés, quoi qu'on puisse en dire) et que je ne propose que du "flou", prenons un cas d'espèce. Posons le postulat suivant : avec plus de pouvoir d'achat, les ménages français dépenseront plus, créeront de la demande aurpès des entreprises fournisseuses de biens et de services, donc de la croissance, donc de l'emploi, donc plus d'argent dans les caisses de l'Etat, donc de meilleurs services publics investissant dans la recherche (??), donc plus d'innovations, donc une main d'oeuvre qualifiée à la pointe de la technologie et bénéficiant pendant un court moment d'un monopole ou presque, donc plus de marchés obtenus, donc de meilleurs salaires, pour plus de pouvoir d'achat ... et voilà en très gros le shéma d'un "cercle économique vertueux", conçu selon mes vagues souvenirs de mes cours d'économie. Je reconnaîs volontiers que ce shéma est simpliste mais vous comprenez l'idée et c'est le principal. En n'agissant que sur le pouvoir d'achat des ménages, en baissant par exemple les impôts directs ou en augmentant les salaires, on alourdit les charges du côté de l'Etat ou de l'employeur, qui ne pourra supporter cela. Si on admet que la source de croissance provient d'une augmentation du pouvoir d'achat des ménages, il faut encore soutenir cette croissance, en agissant par ailleurs sur les dispositifs d'embauche ou d'investissement massif dans la recherche (par exemple). Un "cercle vertueux" ne se créée jamais seul, on ne peut donner qu'une seule impulsion, il faut DES impulsions. D'autant que vient s'ajouter une autre complication : les possibilités de création de "cercles vertueux" sont multiples. Un candidat pourra proposer ce cercle là, un autre en proposera un autre qu'il juge meilleur, mais qu'il juge meilleur pour l'ensemble des citoyens. Le choix d'un "cercle vertueux", qu'on ne peut qu'espérer établir en attendant d'obtenir des résultats, doit par ailleurs se faire en tenant compte de la conjoncture actuelle. Nous sommes engagés dans une économie de marché, sous l'égide de l'UE, même si pour certains, il suffit de tout envoyer en l'air et de revenir au bon vieux temps où nous avions le franc et d'accuser l'Europe d'être responsable de notre taux de chômage (car evidemment, le chômage n'existait pas avant), de la baisse de notre pouvoir d'achat (le franc n'ayant jamais été soumis à de fortes inflations, bien évidemment) et de tous nos maux (dont il est inutile de nus rappeller le contenu n'est-ce pas). La mondialisation ne me semble pas une mauvaise chose et l'Europe non plus, mais il s'agit là de mon point de vue et je ne m'étendrais pas dessus.
Voilà pour aujourd'hui. Ces réflexions me sont venues alors que je n'ai pas encore lu le contenu des programmes en détail. Je compte écrire un article une fois que j'aurais lu toute cette paperasse. Je prends tout cela très à coeur, certains d'entre vous l'ont déjà très bien compris (je pense notamment à ceux qui me disent que je parle trop de politique lol!). D'ici là j'espère que certains m'auront fait savoir qu'ils sont d'accord avec moi [:-)] et que d'autres m'auront fait connaître leur parfaite opposition [:-((].
Joyeuses Pâques à tous/toutes quand même!!
Jessica
April 08 NewsBonjour à tous,
Cela fait un bout de temps que je n'ai pas donné de nouvelles sur ce blog. Je me rends compte que je ne sais as m'astreindre à écrire régulièrement. D'une part parce que les évènements qui ponctuent ma jolie petite vie n'ont pas beaucoup d'intérêt aux yeux des internautes avertis que vous êtes. D'autre part parce que je n'ai tout simplement jamais été capble d'écrire sur une base journalière, hebdomadaire, mensuelle... Le mieux que je puisse faire, c'est d'écrire à raison d'une à deux fois par an et poster mes dernières photos de voyages.
L'autre jour, en faisant un peu de rangement dans mes tiroirs (ils en avaient grand besoin), je suis tombée sur le journal intime que j'avais décidé de tenir alors que j'étais au lycée (il y a de ça des années presque lumières). J'ai voulu voir ce dont j'étais capable à l'époque... Grand mal m'en a pris car je n'étais décidemment pas une bonne romancière : entre deux flirts, une engueulade avec ma soeur, une Xième menace de divorce de mes parents (au tout début du journal), il ne se passait vraiment rien de passionnant. Par ailleurs, je me suis apreçue que déjà à l'époque, je n'arrivais à écrire tous les jours, ou même tous les mois. A la fin du journal, je renonçais à écrire davantage et m'en excusais. Mes parents avaient fini par divorcer. Mais moi j'avais grandi, beaucoup appris... J'étais devenue quelqu'un d'assez ambitieux et je m'étonnais d'avoir malgré tout encore suffisamment d'ami(e)s pour décompresser de temps en temps.
La seule fois que je suis parvenue à écrire plus ou moins régulièrement, c'était pendant la crise du CPE l'année dernière. Il faut dire qu'avec la fermeture de la fac et les propos que j'entendais autour de moi, j'avais de quoi écrire un roman et en plus, j'avais beaucoup de temps pour cela. Le principe de "plus de flexibilité dans le monde du travail" me plaisait pas mal car notre code du travail, s'il paraît très protecteur, est en réalité source d'exclusions et de rigidités (alors que nous vivons dans un monde qui bouge au gré des affaires et des nouvelles technologies). Mais ce projet était absurde car, sous l'apparente flexibilité, se cachait de mulitples divisions entre membres de la société française... J'ai fini par m'engager et je tenais à partager cet engagement et recueillir les avis, en accord ou en désaccord avec mes positons, via ce blog.
Aujourd'hui qui suis-je donc? Mes relations avec ma famille se sont amériolées, de l'eau a coulé sous les ponts et j'ai compris que je n'arriverais à pas changer les mebres de ma famille et que c'était donc à moi de les apprécier tels qu'ils étaient (donc avec leurs défauts). Toujours aussi ambitieuse, je suis sur le point de partir étudier un an aux Etats-Unis (à Albany exactement, capitale de l'Etat de New York, lieu stratégique pour qui veut faire du droit et s'intéresse un minimum de politque). J'ai perdu certaines amies de l'époque glorieuse du lycée, je m'en suis fais d'autres, j'ai eu d'autres désillusions en matière de mec mais j'ai eu quelques belles expériences, j'ai beaucoup travaillé pour arriver en 4ème année de droit, mais contrairement aux apparences que je donne, je ne suis pas une intello rivée 24h/24, 7jours/7 à sur son ordinateur à commenter un arrêt (certes très intéressant) rendu récemment par la Cour de Cassation. Je me suis battue pour btenir un stage en cabinet d'avocats, alors que l'on me disait ouvertement que j'étais trop jeune et trop inexpérimentée pour obtenir ce poste de "stagiaire junior" (!!). Je me suis battue et je l'ai eu, je partage mon temps entre le cabinet FIDAL et la fac et c'est maintenant contre le temps que je me bats : temps pour réviser, temps pour sortir, temps pour dormir, temps pour faire rattrapper les cours ratés, temps pour perdre mon temps au cabinet à rédiger des clauses de baux commerciaux ou à faire des dizaines de photocopies... Comme à l'époque de ma Terminale, je fais toujours tout à la dernière minute, je suis bordélique et je ne suis pas toujours très sure de mes choix. Mais j'ai appris à m'apprécier plus et à apprécier la vie que je mène. Vive la vie!
Alors voilà, si je n'écris pas régulièrement pour vous dire que je vais bien, que la chance me sourit pas mal, j'essaye de temps en temps de me rattrapper... en écrivant par exemple cet article, que vous vous tuez à lire... Avec la campagne présidentielle, j'espère que j'aurais suffisamment de courage pour écrire à nouveau, pour m'engager à nouveau, mais elle arrive déjà à sa fin et j'ai pris plus de plaisir à lire ce que les autres avaient à dire qu'à réfléchir sur ce que j'avais à dire moi-même. Il me reste malgré tout un peu de temps pour donner mon opinion tardive.
Kisses to all.
Jessica January 05 Avis à la population : BONNE ANNEE 2007Bonjour,
Tout d'abord, je tiens à vous souhaiter une très bonne année 2007. Qu'elle soit pleine de rebondissements, de moments calmes et tendres, de petits plaisirs et de grandes joies.
2006 a été une bonne année et j'ai été un peu triste de la voir se terminer si vite.
Ce sera une année marquée par les évènements CPE et les éléctions législatives aux USA qui ont donné pour gagnant le camp Démocrate (à mon grand soulagement) : ces deux occasions m'ont permis de me sentir véritablement impliquée dans la vie politique de mes deux pays. Je n'ai certes pas contribué auprès des partis politiques ou des associations mais j'ai milité à ma manière, individellement... quoique... j'ai la chance d'avoir des copines qui s'intéressent également à la politque et qui ont su écouter mes arguments sans trop porter de jugement.
2006 s'est aussi révélée être une année de calme sur le plan des études, pas seulement parce que le CPE a complètement fermé la fac, mais aussi parce que ma deuxième année, aussi pénible fût-elle, m'a permis de travailler plus vite et mieux. Ma troisième année de droit m'a fait découvrir de nouvelles matières, passionnantes. J'ai notamment découvert le droit du travail et le droit des affaires de manière générale, deux matières qui me permettent, et je parle pour moi, de mieux comprendre la société dans laquelle nous vivons. J'ai la chance d'avoir la capacité de m'impliquer à fond dans ce que j'aime, au risque d'être parfois un peu grande gueule (excusez-moi!!). Ces nouveaux enseignements ont déterminé mon choix d'une spécialisation en droit des affaires et je m'oriente aujourd'hui plutôt vers la profession de juriste en entreprise... Mais je peux encore changer d'avis.
Comme vous avez pu le constater sur ce blog, j'adore voyager et 2006 fût également riche de ce côté-là. Visiter Maïlys à Madrid a été un vrai régal, d'une part parce que je venais d'en finir avec ces foutus partiels, d'autre part parce que Madrid est une ville magnifique.
Cet été, je suis allée en Lituanie avec ma mère, et j'ai pu visiter le bourg natal de mon Papy. J'avais lu une thèse sur l'histoire de la communauté juive de Lituanie auparavant, ce qui m'avait permis de mieux comprendre les raisons qui ont poussé ma famille à partir mais aussi la nostalgie que l'on peut éprouver pour cette culture perdue (notamment par la perte de la langue yiddish). Le bourg d'Ukmergé est charmant, non comme les bourgs industriels alentours que nous avons passé sur la route. J'aurais aimé savoir ce qu'aurait pensé mon Papy de moi s'il avait su que j'étais retournée en Lithuanie et s'il savait que j'étais devenue une de ces "intello" dont il avait apparemment horreur. La Lituanie a été notre dernière étape dans ce voyage aux Pays Baltes. Si je ne vous parle que de la Lituanie, c'est que j'y ais mes racines et que j'y suis attachée, pour je ne sais qu'elle raison. Mais la Lettonie et l'Estonie ne manquent vraiment pas de charmeS et maitenant que ces trois pays sont débarrassés du régime totalitaire soviétique et ont intégré l'Union Européenne, je conseille à tous et à toutes d'aller découvrir ces pays chaleureux et riches en patrimoine (quoi qu'on veuille bien en dire).
Merci Aurélia de m'avoir donné envie de retourner en Andalousie, avec toi cette fois. J'ai eu très chaud mais j'ai vraiment beaucoup apprécié voyager avec toi entre Madrid (re), Grenade, Séville et Cordoue. Nous sommes en général sur la même longueur d'onde et il est très facile de voyager avec toi. De grands moments passés ensemble (cf : épisode du maillot de bain à Grenade).
Pour ma part, 2007 sera une grande année. L'année scolaire se déroule bien pour l'instant, bien qu'un peu trop mollement à mon goût. Il paraît que le deuxième semestre sera plus corsé, avec au programme 4 séminaires de droit anglais et américain.
Mais 2007 est surtout l'année de préparation d'un projet qui me tient tout particulièrement à coeur : partir étudier aux Etats-Unis. Etant de double nationalité, ce projet ne m'apportera pas seulement un diplôme supplémentaire, mais également une expérience riche... Une sorte de retour aux racines, d'immertion totale dans une culture que je connais déjà, mais pas encore suffisamment à mon goût. Je remercie tous mes amis de m'avoir toujours et infailliblement soutenue dans ce projet - même quand je vous soulais avec, à vous parler des heures durant de mon identité américaine laissée dans l'aéroport de Newark, New Jersey. Je remercie également ma famille : ma petite cellule familiale à Paris qui a su comprendre pourquoi j'ai besoin de partir et ma grande famille aux Etats-Unis, qui a été très tôt emballée par cette perspective (bienqu'elle n'arrive pas à se faire à l'idée que je n'aurais à pas à payer un cent pour une bonne fac de droit). Je vous tiendrai evidemment au courant de la destination à laquelle je serai affectée (pour l'instant, j'attends que la Commission statue et je ne veux pas trop me prononcer).
Voilà... MEILLEURS VOEUX tout simplement.
Jessica
September 03 Retour de Vacances --Hello!!
J'espère que vous avez tous passé d'excellentes vacances et que vous êtes à présent motivés pour bosser et reprendre les cours (LOL). Je viens d'afficher mes dernières photos : il y a un dossier sur les Pays Baltes et un autre sur l'Andalousie (où je me suis rendue en compagnie de la charmante Aurélia).
J'espère avoir le temps de rédiger un petit article sur ce qui m'a marquée lors de ces deux voyages... Il faut attendre un peu. Patience!!!
N'hésitez pas à m'envoyer vos commentaires.
Hello!!!
I hope you all had good vacations and are prepared to start working again. I just posted some of my lattest pictures : there is a file for those taken in the Baltic Countries and another for those taken in Andalusia, where I spent a lovely time with my friend Aurélia.
I hope I'll be able to find time to write a short article about my impressions during both of these trips. However, you'll need to be patient.
Feel free to send me your commentaries.
March 26 reportage TVBonjour à tous!!
Pour changer un peu du débat sur le CPE, qui est certes très intéressant mais qui va finir par nous lasser, voici quelque chose d'assez frais. Ma cousine a réalisé ce reportage par le biais de son université et souhaiterait recueillir le maximum d'avis pour qu'il puisse un jour être diffusé sur la TV américaine. Attention! Il faut que vous écriviez vos commentaires en anglais (il s'agit d'une de mes cousines américaines, d'un espca web américain, d'une université américaine et éventuellement d'une TV américaine). Faites un effort. En vous remerciant par avance.
Just to change the debate a little, not that the CPE in uninteresting but it will get on our nerves if we continue talikng only about it. This is something interesting and new. My cousin made it and is looking for comments so that maybe it will be showed on an American TV. Thank you!!!
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March 24 Décision du Tribunal Administratif de VersaillesJ'ai été très surprise de lire que le référé avait été admis par les juges car je n'aurais pas qualifié la situation dans laquelle se trouvent les étudiants d'urgence. Reste que face aux violences qui étaient sucesptibles d''avoir lieu, les juges ont confirmé la décision du Président de l'université de fermer la fac.
TRIBUNAL ADMINISTRATIF REPUBLIQUE FRANÇAISE DE VERSAILLES N° 0602618 ________________ AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS Audience du 18 mars 2006 Lecture du 18 mars 2006 ________________ Vu la requête, enregistrée le 17 mars 2006 sous le n° 0602618 présentée par des étudiants requérant qui demandent au juge des référés : - de suspendre la décision du 13 mars 2006 par laquelle de l’Université Paris X Nanterre a décidé la fermeture des locaux de l’université ; - de l’enjoindre de prendre les mesures nécessaires à la tenue des cours, au besoin en requérant le concours de la force publique, dans un délai de 24 heures, y compris en louant des locaux extérieurs ; - d’assortir cette injonction d’une astreinte de 2.000 euros par jour de retard ; - de condamner l’Etat à lui verser une somme de 1.000 euros au titre de l’article L 761-1 du code de justice administrative ; Vu le mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2006, présenté par le président de l’Université Paris X Nanterre ; il conclut au rejet de la requête ; il soutient qu’en l’absence de concours de la force publique le blocage de l’ensemble des bâtiments conduit à une situation d’affrontement croissant entre étudiants de nature à mettre en danger la sécurité des personnes ; qu’ainsi dans la semaine du 6 au 10 mars les agents de sécurité de l’établissement ont procédé à 65 interventions pour des bagarres, qui ont occasionné des fractures diverses chez certains étudiants ; qu’un étudiant a été victime de propos antisémites et violenté physiquement ; que des individus extérieurs à l’université ont pu s’infiltrer dans les locaux, notamment de nuit ; que des personnes ont été vues en possession d’armes de 6 ème catégorie ; que la sécurité en matièred’incendie n’est plus assurée ; Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de l’éducation ; Vu le décret n° 85-827 du 31 juillet 1985 relatif à l’ordre dans les enceintes et les locaux des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel ; Vu le code de justice administrative ; Vu la décision en date 1 er mars 2006, par laquelle le président du tribunal a désigné M. B….,premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé ; Après avoir convoqué à une audience publique : - Me …., représentant des étudiants requérants ; - Le président de l’Université Paris X Nanterre ; Entendu l’audience publique du 18 mars 2006 à 14 heures 30 : - Le rapport du juge des référés ; - Me …. , représentant les étudiants requérant, conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ; il fait valoir en outre que le président de l’université n’a pas formellement demandé le concours de la force publique ; que la mesure de fermeture va aussi empêcher la tenue des élections au CROUS ; que plusieurs des 18 bâtiments du campus ne sont pas occupés et peuvent accueillir des cours ; il demande également que le juge des référés use des pouvoirs qu’il tient de l’article L 522-13 du code de justice administrative, en décidant l’exécution immédiate de la mesure de suspension sollicitée ; - Les représentants de l’Université Paris X Nanterre, qui concluent au rejet de la requête par les mêmes moyens que ceux exposés dans le mémoire de défense ; ils soutiennent en outre que le sous-préfet de permanence pour la nuit du 28 février au 1 er mars 2006, durant laquelle desincidents graves se sont produits, a fait valoir qu’il ne ferait pas intervenir les forces de l’ordre ; que le climat de tension extrême régnant sur le campus était de nature à dégénérer en émeutes et en affrontements de plus en plus violents, notamment avec des éléments extérieurs à l’université ; ils signalent qu’ils produisent, à l’audience, des pièces complémentaires ; Après avoir prononcé, à l’issue de l’audience à 16 heures, la clôture de l’instruction ; Sur les conclusions présentées au titre de l’article L.521-2 du code de justice administrative : Considérant qu’aux termes de l’article L.521-2 du code de justice administrative : « Saisid’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. » et qu’aux termes del’article L.522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédurecontradictoire écrite ou orale. Lorsqu’il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.521-2, de les modifier ou d’y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l’heure de l’audience publique (…) » ; qu’enfin aux termes du premier alinéa del’article R. 522-1 dudit code : « la requête visant au prononcé de mesures d’urgences doit (…)justifier l’urgence de l’affaire » ; Considérant qu’à l’appui de leur demande, les étudiants requérants soutiennent que la condition d’urgence est remplie, dès lors que la fermeture de l’université les empêche d’acquérir les connaissances nécessaires à la réussite de leurs examens ; que la fermeture de l’université porte en outre une atteinte grave et manifestement illégale au droit à l’éducation, ainsi qu’à la liberté d’aller et de venir, qui constituent des libertés fondamentales ; Sur l’urgence : Considérant que la fermeture de l’université jusqu’à nouvel ordre empêche les requérants, pour une période indéterminée, d’acquérir les savoirs indispensables à la préparation et à la réussite de leurs examens ; qu’ainsi les requérants justifient de l’existence d’une situation d’urgence ; Sur l’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale : Considérant qu’une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du code de justice administrative implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié, non seulement d’une situation d’urgence, mais encore d’une atteinte grave portée à la liberté fondamentale invoquée ainsi que de l’illégalité manifeste de cette atteinte ; Considérant que le droit à l’éducation est au nombre des libertés fondamentales ; qu’ainsi la fermeture des locaux de l’université Paris X Nanterre sur le campus de Nanterre pour une durée indéterminée porte une atteinte grave au droit à l’éducation des requérants ; Considérant toutefois que la condition d’illégalité manifeste de la décision contestée, au regard du droit à l’éducation invoqué par les requérants, ne peut être regardée comme remplie que dans le cas où il est justifié d’une atteinte manifestement disproportionnée aux buts en vue desquels la mesure contestée a été prise ; que pour décider la fermeture des locaux de l’Université Paris X sur le campus de Nanterre, le président de l’université s’est fondé sur le fait qu’en l’absence de concours de la force publique, qui en l’espèce doit être regardé comme ayant été sollicité par le président de l’université, le blocage de l’ensemble des bâtiments a conduit à une situation d’affrontement croissant entre étudiants de nature à mettre en danger la sécurité des personnes ; qu’ainsi dans la semaine du 6 au 10 mars 2006 les agents de sécurité de l’établissement ont procédé à 65 interventions pour mettre fin à des affrontements physiques, qui ont occasionné des fractures diverses chez plusieurs étudiants ; qu’un étudiant a par ailleurs été victime de propos antisémites et violenté physiquement par un groupe composé d’éléments extérieurs à l’université ; que les individus extérieurs à l’université ont pu s’infiltrer dans les locaux, notamment de nuit, occasionnant de nouveaux troubles ; que des personnes ont été vues en possession d’armes de 6 ème catégorie, et que la sécurité en matière d’incendie n’était plusassurée ; qu’eu égard à la gravité des faits ainsi constatés, le président de l’université, qui tient de l’article L 712-2 du code de l’éducation ainsi que l’article 5 du décret du 31 juillet 1985 précité la responsabilité de l’ordre public à l’intérieur de l’enceinte universitaire, et en particulier le pouvoir de décider la fermeture des locaux, n’a pas porté au droit à l’éducation des requérants une atteinte manifestement disproportionnée aux buts en vue desquels la mesure de fermeture a été prise ; qu’ainsi la mesure de suspension ne peut être regardée, en l’état du dossier comme manifestement illégale ; Considérant qu’il résulte de ce qui précède que la requête des étudiants requérants doit être rejetée ; Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte : Considérant que par voie de conséquence de ce qui précède, ces conclusions ne peuvent qu’être rejetées ; Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : Considérant qu’il résulte des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ; le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée ; il peut, même d’office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation ; Considérant que ces dispositions font obstacle aux conclusions des étudiants requérant dirigées contre l’université Paris X Nanterre qui n’est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante ; O R D O N N E Article 1 er : La requête des étudiants requérants est rejetée.Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée aux étudiants requérants et au président de l’Université Paris X Nanterre. Fait à Versailles, le 18 mars 2006. Le juge des référés Le greffier La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. March 23 Contestation apolitique des blocages.Je pensais que mon article sur la manifestation pacifique contre les blocages des facs serait plus positif. Mais la vérité, c'est que j'ai été assez déçue et que j'ai donc décidé de ne plus y aller. C'est dommage, l'initiative m'avait vraiment plu.
Le vendredi 17 mars, je suis allée avec Sophie et Elodie au Panthéon pour manifester contre le blocage des facs. Il y avait beaucoup de presse et le groupe (200 étudiants à peu près) était scindé en deux. D'un côté les étudiants de l'UNI et de l'autre côté, les étudiants non affiliés. Les gens de l'UNI étaient craints par les autres et avaient surtout réussi à introduire des banderoles politiques, indiquant clairement une position politique sur le CPE...
Dimanche 20 mars, la manifestation avait lieu à Hotel de Ville et devait être silencieuse. Les gens étaient tous en blanc et nous étions plus nombreux (environ 500 personnes). La manifestation n'a pas été silencieuse, il y a eu des slogans "STOP AU BLOCAGE". Les gens de l'UNI étaient encore là et face à leurs messages, les organisateurs ont lancé des "NON, NOUS NE SERONS PAS RECUPERES" et les ont invité à partir.
Malgré tout, la presse parle d'étudiants qui sont pour le CPE. Il s'agit là d'un almagame terrible puisque j'y ai rencontré plusieurs étudiants qui m'ont dit être contre le CPE. Il aurait fallu distinguer le débat pour/contre le CPE et le débat pour/contre le blocage. Mais il est vrai que la majorité des étudiants présents à ces manifestations sont pour le CPE et bien que les organisateurs ont tout fait pour qu'aucun message politique ne transparaisse, c'est l'impression qui ressort.
Par conséquent, bien que je déplore la fermeture des facs, il me semble plus important de régler la crise à propos de l'adoption du CPE et de forcer le gouvernement à entendre la gronde des étudiants. Le blocage n'aurait jamais du commencer mais il est désormais bien installé. Le gouvernement devrait réagir au plus vite pour renverser la tendance mais il ne le fait pas et reste dans l'inaction.
Demonstration and explanations... (English version)On Saturday, March 18th, I went to a demonstration against the CPE (introduced by the government to amend labor law rules). It was a great experience for me. I demonstrated with the people of Nanterre, my university, which has a reputation of being the university that started the student revolts in May 1968 and being "red". I was there with a few friends and appreciated the fun atmosphere there. On the way, we saw a few famous political personalities...
I thought the slogans we yeld were interesting. My voice was very strange at the end of the demonstration but I'm happy I went. Later that day, I learned that there had been a few demonstrators who had fighted with the CRS (anti-riot police). We were among the first to arrive place de la Nation so I benefited only of the great ambiance.
I hope the government would understand that they have to take this CPE away, that we refuse to be treated that way. But no, de Villepin still is refusing to amend the text and hardly wants to talk to the representants of the student unions. DEMONSTRATIONS ARE TO CONTINUE and I will be among them.
I really believe that most students understand that our companies need more flexibility and aren't s much opposed to that, but this is not only about flexibility. It is about giving bosses the right to fire without motivation of their decision whatsoever, in a country which has a heavy history of bosses exploiting workers (one only needs to read Zola). This is also about violating the international conventions we have ratified (Social Charter for the UE, probably also a certain number of resolutions of the UN...). It is about a Prime Minister using more and more special constitutional provisions in order the rule in what we call "the domain of the law", i.e what only Parliament is allowed to rule upon, in order to force his electoral agenda on his people before the Presidentials of 2007. A Prime Minsiter who tends to like to set rules on his own, when he is required to set a link between the President and Parliament.
Please leave your comments if you have things to add. I am trying to create an intelligent debate on this blog.
**Jessica** Plainte (suite)Voici la réponse que j'ai reçu de la part de Cécile, qui est avec moi dans la Bi-Licence 3 Droit/Anglais. Elle y ajoute des éléments que je n'avais pas relevés. Avec son accord, je publie donc :
Je ne peux qu'être d'accord avec les propos de Jessica. Vouloir porter plainte contre les leaders des mouvements grévistes (parce que contrairement à A-S qui parle de porter plainte contre l'université, ce qui peut éventuellement se concevoir, même si je n'y suis pas favorable, le jeune homme a l'origine de tout ça parlait bien, lui, dans son premier mail, de porter plainte contre des étudiants...) me semble totalement déplacé, témoignant d'un refus inquiétant de considérer le fond du problème et d'un manque préoccupant de recul pour des étudiants en droit... Etre contre le blocage est une chose (en ce qui me concerne, je serai à 13h à l'Hotel de Ville dimanche), mais attaquer en justice les gens qui en sont à l'origine en est une autre qui, loin d'aider à régler le conflit dans le calme (ce qui semble déjà de plus en plus compromis), risque inévitablement de l'enflammer (sans compter, à mon sens, l'ambiguïté perturbante de la démarche au vu du droit de grève et de la liberté d'expression). Certains répondront peut-être que les bloqueurs, eux, ne se sont pas toujours embarrassés de scrupules, ce à quoi je rétorquerais que ce n'est pas une raison intelligente pour descendre à ce niveau. Que tous les moyens pacifiques et non-agressifs soient mis en oeuvre pour accélérer autant que possible la réouverture des facs, entièrement d'accord. Saisir la justice en espérant voir condamner des étudiants qui défendaient leurs idées pacifiquement pour la majorité, malgré la gêne réelle -et hautement frustrante, je l'admets- occasionnée, la suggestion à elle seule provoque un sentiment de malaise en moi, au niveau de ma conception de la démocratie (et encore une fois, ce n'est pas parce que les bloqueurs ont sur certains points effectivement marchés sur nos droits démocratiques qu'il nous faut nous abaisser à risquer de faire la même chose). Je n'ai pas la prétention d'avoir voulu donner des leçons dans ce mail, simplement, je crois aux vertus du débat et j'ai juste souhaité y prendre part et signaler qu'en tout cas, ce ne sera pas moi non plus qui défendrai l'action devant la cour. J'espère tous vous revoir bientôt, ça voudra dire que la fac aura réouvert. D'ici là, bon week-end à tous malgré tout et, pour certains d'entre vous peut-être, à dimanche. Cécile G.
J'ajoute que Cécile n'est pas la seule à avoir répondu à mon mail. Une autre personne m'a vivement critiquée et j'attends son accord pour publier sa réponse. Certaienes personnes, qui ne sont pas en droit mais qui s'intéressent au débat (et heureusement qu'il n'y a pas que les juristes qui s'intéressent au CPE), ont laissé des commentaires sous l'article intitulé "Grève, blocages et autres contoverses sur le CPE". Allez les lire!
March 19 Manif du Samedi 18 marsHier, je suis allée à la manif contre le CPE. Départ à 14h30, place Denfert Rochereau. Le temps de retrouver Caroline et le cortège de l'Université Paris X Nanterre (où Marie-Anne était chargée de tenir les banderoles, fidèle au poste), de scander quelques slogans et nous voilà partis. L'ambiance y était bonne et j'ai trouvé l'ensemble très bien organisé. Au passage, nous avons pu voir quelques personnalités du moment : Olivier Besancenot, Noël Mammère, Julie Coudry etc...
Arrivée à Nation, épuisée, la voix un peu flanchante, j'avais le sentiment d'avoir accompli quelque chose et de n'être pas la seule. Nous étions déjà beaucoup place de la Nation, mais il restait encore des cortèges à Denfert. Beaucoup dans la rue, donc un espoir d'avoir réussi à faire flancher de Villepin. Un espoir d'avoir réussi à faire entendre que le CPE ne va pas résoudre tous les problèmes de la jeunesse française et qu'il ne va pas non plus permettre de créer de la croissance. Un espoir également de faire comprendre au gouvernement que les lois ne se votent pas dans le dos du peuple et ne s'imposent pas non plus à lui.
SLOGANSSlogans à la manif contre le CPE, cortège de la fac de Nanterre :
"Nanterre en colère, on va pas se laisser faire"
"Chirac, Villepin, Sarkozy, votre période d'essai est finie"
"C comme Chômage, P comme Précaires, E comme Exploités"
"Villepin au karcher"
... ... ...
Ceux qui étaient là, aidez-moi à retrouver les autres. Je suis en panne au niveau de ma mémoire. HELP!!!
March 17 Strikes over the CPE (English version)My modem had to be changed so for a couple of days I was unable to check my e-mails. Imagine how much I was surprised to read that some of my fellow students of Nanterre were proposing to file a complaint against the leaders of the student unions who are striking against the government’s project to make labor rules more flexible so as to enable young people to enter the job market for the first time. This project is called the CPE.
I will be very clear : I do not agree with students who are preventing people to get into the universities. Everyone should be able to say what his/her priorities are (whether to go to classes and/or go demonstrate in the streets), everyone should be able to express what they think on the campus, no one should be penalized as far as lectures, compulsory classes, exams, vacations, etc are concerned. I went to the demonstration at the Panthéon today to say I am opposed to the closing down of our universities.
Still, I do not agree with those who say that the only way to change things is to file a complaint. I am surprised by the fact this has been proposed by law students as we all know that judges already have too much work to deal with and that they will not be able to decide whether the strike is legal or illegal immediately. Courts will need more time, especially when talking about administrative tribunals (it might take 6 months, 1 year, 2 years). The strike will not last so long, it’s impossible and everyone agrees on that point. So why go along and add a complaint which the judicial branch won’t be able to deal with as quickly as what the plaintiffs are asking for? WHY?
Besides, in order to file a complaint, one needs to know against who the complaint is directed. It seems unfair to me to have the union leaders condemned as they are no longer the only ones demonstrating and their action to close universities is approved more and more by the public. We can disagree with the means used but we must let them express their opinions. By filing a complaint against them, personally, we are giving them a reason to insurrect and declare to the entire world that the State is a “dictature” which prevents them from expressing themselves freely. It is true that the right to study is a fundamental liberty but so is the right of expression and the right to strike. I doubt a Court would declare that one of these liberties is to prevail over the other. Why would one declare the leaders personably liable when they are acting for the collectivity of the students they have been appointed to represent?
Finally, to file a complaint, one needs to have an interest and one must know what he/she is asking for. Even if the Courts agreed to ban the closing down of universities, there would be no interest for this ban as it would occur after the facts. NO INTEREST WHATSOEVER. If such an action present absolutely no interest, I do not understand why I am asked to participate. Who will pay for this action (because justice is not free : we can ask for the intervention of a judge and we all can ask for subsidies but filing a complaint will never be free)? Who will still be there to defend this complaint before the judges? I am saying this : NOT ME.
This is mainly about provocation. There is enough provocation around so that one should not add any more. We want to stop the violence and reestablish the security in our universities so we can go back to them. It seems to me that the best way to achieve this is to get mobilized by going demonstrating and to get people to talk about this new movement by getting the press involved. Above all, we must always be careful about distinguishing the debate about the CPE and the debate about the universities. As long as we are unable to show that some students opposed to the CPE are also opposed to having their universities closed, we will not be convincing and our universities will stay closed (as the government refuses to answers to propositions coming from unions). Political messages about the labor status should not interfere with these demonstrations (and this is why I have been disappointed with the demonstration I went to this afternoon). Therefore, I think the idea of a silent, all dressed in white, demonstration (Hotel de Ville, Sunday) is interesting and new.
Come and stop the provocation. Jessica Grève, blocages et autres controverses sur le CPEMon internet était en panne. Aujourd'hui, le modem remarche et quelle surprise j'ai eu lorsque j'ai lu les propositions faites par certains de porter plainte contre les leaders des mouvements étudiants en grève contre le CPE. Que les choses soient claires : je ne défends pas le blocage des facs. Chacun devrait pouvoir décider de ses prorités (aller en manif et/ou aller en cours), chacun devrait pouvoir s'exprimer sur le campus, personne ne devrait être pénalisé au niveau des cours, des TD, des rattappages, examens, vacances, etc. Je me suis d'ailleurs déplacée aujourd'hui au Panthéon pour manifester mon opposition aux blocages. Malgré tout, je ne défends absolument pas l'idée que seule la plainte peut faire bouger les choses. Je m'étonne d'ailleurs que se soient des étudiants en droit qui proposent une telle chose alors que nous connaîssons tous l'état dans lequel se trouve notre système judiciare. Les juges sont débordés, ils ne pourront pas statuer sur la légalité ou l'illégalité d'un mouvement de grève illico presto. Il faudra du temps aux tribunaux, d'autant plus qu'il s'agira de tribunaux administratifs (6 mois, 1 an, 2 ans peut-être). Le mouvement de grève ne va pas perdurer si longtemps, c'est impossible, et ça, tout le monde est d'accord pour le dire. Pourquoi alors boucher encore plus l'organe judiciaire avec une plainte qui ne pourra être traitée dans les délais souhaités par les auteurs?POURQUOI? Par ailleurs, pour engager une action, il faut savoir contre qui l'engager. Il me paraît injuste de frapper les leaders syndicaux car ils ne sont plus les seuls à aller manifester et sont de plus en plus soutenus dans leur action de blocage par l'opinion publique. Nous pouvons ne pas être d'accord avec leurs manières mais nous devons les laisser s'exprimer. En engageant une action contre eux, personnellement, vous leur donnez une raison pour se révolter et de crier haut et fort que l'Etat français est une "dictature" dans laquelle il leur est interdit de s'exprimer. Le droit d'étudier est en effet une liberté fondamentale mais le droit de s'exprimer et le droit de grève également. Il me semble à ce propos très improbable qu'un tribunal fasse primer l'une de ces libertés sur l'autre. Sur le point plus technique : pourquoi engager la responsabilité personnelle des leaders syndicaux alors qu'ils agissent au nom de la collectivité des étudiants qu'ils représentent? Enfin, pour engager une action, il faut avoir un intérêt à agir et ils faut savoir ce que l'on demande. Obtenir l'interdiction du blocage n'a aucun intérêt si cela arrive après les faits. AUCUN. Alors si l'action n'apporte rien aux auteurs de celle-ci, je ne comprends pas pourquoi il m'est demandé de participer. Qui va avancer les fonds (car la justice n'est pas gratuite : on y a tous accès et l'on peut bénéficer d'aides en tous genres, mais agir en justice n'est pas gratuit.)? Qui sera encore présent pour défendre l'action devant les tribunaux? Je le dis simplement : PAS MOI. Il s'agit essentiellement d'une provocation. Il y en a déjà suffisamment pour ne pas en rajouter inutilement. Nous voulons arrêtter la violence et rétablir la sécurité dans les facs pour que nous puissions y retourner. Il me semble que le meilleur moyen pour obtenir la réouverture des facultés, c'est de se mobiliser en allant manifester, de faire parler de ce nouveau mouvement en attirant la presse. Et surtout de toujours faire en sorte de distinguer le débat sur le CPE de celui du blocage. Tant que nous ne parviendrons pas à faire parvenir le message que des étudiants contre le CPE font également partie des groupes manifestant pour la réouverture des fac, nous ne convaincrons pas et les fac resteront fermées (le governement refusant de répondre aux propositions des syndicats). Les messages politiques sur l'emploi ne doivent donc pas apparaître dans ces manifestations (c'est sur ce point là que j'ai été déçue par la manif de cet après-midi). Pour ces raisons, je trouve que l'idée d'une manif silencieuse, en T-shirts blancs (à l'Hotel de Ville dimanche à 13h), intéressante et innovante. Venez nombreux et arrêttez la provocation.
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